L’ALEXANDRITE ou LA MAGIE DU CHANGEMENT DE COULEUR

Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où la globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats.
Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non.
C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur ».

L’une pierres gemmes les plus passionnantes de toute l’histoire, est l’alexandrite. Il s’agit d’une variété de chrysobéryl minéral, qui change authentiquement de couleur et passe du vert, quand elle est exposée à la lumière naturelle, au rouge franc, quand on la regarde à la lumière d’une lampe à incandescence. La première fois qu’on en est témoin, on a du mal à en croire ses yeux !
Les gemmes qui font montre d’effets optiques spéciaux sont considérées comme des phénomènes.
Le chrysobéryl est maître en ce domaine car, si l’alexandrite est celle qui offre le changement de couleur le plus spectaculaire, l’œil de chat, qui est un chrysobéryl, a un œil qui semble être un effet de théâtre.
L’alexandrite a un passé distingué et séduisant. Elle fut découverte en 1830, dans la Russie des tsars. Du fait que les couleurs de l’ancienne Russie impériale étaient le rouge et le vert, la pierre fut nommée d’après le prénom du tsar Alexandre II, à l’occasion de sa majorité.

On trouve des alexandrites sur les bijoux de l’époque car les maîtres joailliers russes l’aimaient particulièrement. Le gemmologiste distingué George Kunz, de la maison Tiffany, était grand amateur d’alexandrites et sa firme produisit, à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, de nombreuses bagues, montées avec des alexandrites de qualité.. De même, un certain nombre furent montées sur platine, au cours des années 20. Quelques objets de joaillerie victorienne comportent, en Grande-Bretagne, des ensembles de petites alexandrites.

On peut parfois trouver des alexandrites non montées mais elles sont extrêmement rares, en bonne qualité. La source originale, en Russie, dans l’Oural, est fermée depuis longtemps et n’a produit des pierres que pendant quelques décennies, ce qui explique que l’on ne puisse en trouver aujourd’hui, sur le marché, qu’à titre exceptionnel. La marchandise pourvue d’un certificat d’origine russe est particulièrement appréciée dans le négoce.
On en trouve quelques pierres, au Sri Lanka, au Zimbabwe et au Brésil mais il en est bien peu qui changent de couleur de façon spectaculaire. Pendant de longues années on n’en a pas trouvé du tout sur le marché, tant elles étaient rares.
Puis, en 1987, on découvrit un nouveau gisement d’alexandrites, au Brésil, en un lieu appelé Hematita. L’alexandrite d’Hematita change vraiment de couleur de façon frappante et elle vire nettement, du rouge groseille au vert bleuâtre.
Bien que l’alexandrite reste extrêmement rare et, donc, fort chère, une nouvelle génération de créateurs de bijoux et de collectionneurs s’est trouvée confrontée à cette pierre merveilleuse, ce qui a suscité un renouveau de sa faveur et de la demande.
Quand vous aurez à estimer une alexandrite, faites bien attention au changement de sa couleur : plus il est spectaculaire et total, du rouge au vert, sans qu’il y ait du brunâtre qui vienne s’insinuer entre les deux, plus la pierre est rare, plus elle a de valeur. Un facteur important est la qualité des deux couleurs : plus elles sont distinctes, plus la pierre est rare et plus elle vaut cher.
Un autre facteur est la différence des deux couleurs : plus elle est marquée, mieux cela vaut.
Enfin la limpidité et la qualité de la taille sont à prendre en considération.
A cause de la rareté de la pierre, les grandes dimensions font prime, de façon importante.







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